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Les flamines (singulier flamen en latin) sont des prêtres romains voués au culte d'un seul dieu. Ils sont au nombre de 15, choisis pour certains par le grand pontife, élus par la plèbe pour d'autres. Ils vouent alors leur vie à un dieu particulier. On pouvait connaître ce dieu en regardant la seconde partie du titre :

Les flamines portaient l'apex, un bonnet conique en cuir blanc.
Les flamines jouissaient d’un grand prestige mais en retour ils avaient de nombreux interdits très contraignants.

Les flamines conservaient chez eux la flamme sacrée, symbole de leur fonction.

Les flamines mineurs


Origine du nom


Deux théories s'affrontent :

Georges Dumézil dans ses ouvrages sur les Indo-européens suggère une origine beaucoup plus ancienne que ces étymologies combinant des mots latins. Faisant le rapprochement du mot flamine avec le mot sanscrit Brahmane désignant un membre de la caste sacerdotale indoue, il voit dans flamine/brahmane une désignation sacerdotale remontant aux origines de la culture indo-européenne.

Devenir flamine


Les premiers auraient été créés par Numa Pompilius, successeur mythique de Romulus. Très vite, c'est le responsable du culte romain, le grand pontife qui eut le rôle de désigner parmi les patriciens les trois flamines majores : le * flamen dialis, le flamen martialis et le flamen quirinalis. Les 12 autres étaient issus de la plèbe. Ils avaient en charge : Carmenta, Cérès, Falacer, Flora, Furina, Palatua, Pomone, Portunus, Volcanus, Volturnus et deux autres divinités non identifiées par les historiens.

Les interdits


Ils doivent porter l'apex dès qu'ils sortent de chez eux. Même s'ils sont nommés à vie, ils peuvent être démis de leur fonction en cas d'impair. Chaque flamine doit respecter des interdits alimentaires et de comportements, ceci pour les prévenir contre toute souillure. Il ne peut divorcer, sa femme étant sa plus fidèle aide, et s'il devient veuf, il doit renoncer à sa fonction.

Le flamen dialis, un cas à part


Le flamine au service du plus puissant des dieux doit aussi respecter le plus grand nombre d'interdits. Il ne peut s'éloigner de Rome, ni monter à cheval. Il n'a pas le droit de toucher des chiens ou de proférer des grossièretés. Ses cheveux et ses ongles sont coupés selon des pratiques religieuses sévères. Il ne peut ni toucher un mort ni porter de nœud sur lui. Même son lit doit obéir à des règles stricts (les pieds enduits de limon, et le flamine n'a pas le droit d'en découcher plus de trois jours).
En contrepartie, il siège au Sénat, lors de ses déplacements il est précédé d'un licteur, comme les hauts magistrats.

Son épouse, la flaminica est vêtue de robes aux couleurs vives. Elle doit aussi respecter une longue liste d'interdits : Elle ne doit pas dévoiler ses chevilles (donc ne peut pas monter sur une échelle), ni se coiffer avec un peigne en bois ou utiliser des ciseaux de fer, etc.

Evolution des flamines


Au fil du temps, le poste de flamine évolue. Vers 86 av. J.-C., le poste de flamen dialis est aboli (certains pensent que c'est parce qu'il n'a pas trouvé preneur), avant d'être rétabli 75 ans plus tard par Auguste. À ce moment, le flamen dialis ne siège plus au Sénat, mais peut exercer une magistrature civile.
En 44 av. J.-C., de nouveaux postes de flamines sont créés pour répondre aux besoins induits par la divinisation des empereurs. À Rome, les flamines perpetui se vouent au culte d'un césar, alors que leurs épouses, les flaminicae sont consacrées à l'impératrice. Dans les provinces, le flamen augustalis est chargé du culte d'Auguste divinisé. Le flamen municipales officie au centre d'une ville (toutes les grandes cités de l'Empire finiront par avoir leur flamine particulier). Ce dernier poste n'est pas un poste à vie, mais un mandat d'un an.
Enfin les affaires religieuses des curies sont gérées par les flamines curiales. Et toutes les confréries sacerdotales finiront aussi par avoir leur flamine.

Collège sacerdotal romain

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